2008-11-26

Naoko Chino

Bon, j'en avais parlé dans mon tout premier post sur ce blog, il serait temps que je donne mes commentaires sur les livres que j'ai lu sur le Japonais.

Les livres qui m'ont vraiment aidé sont "Japanese verbs at a glance" et "All about particles" tous-deux par Naoko Chino.

"Japanese verbs at a glance" couvre, vous l'aurez deviné, les verbes. C'est un livre que j'ai trouvé extrêmement intéressant et utile. Il m'a grandement aidé à comprendre le fonctionnement des verbes.

On y explique les deux groupes de verbes ainsi que les exceptions. Un très grand nombre de formes sont présentées et ce à plusieurs niveaux de politesse. On explique bien ce que signifie une forme et comment elle est utilisée. On montre comment la former pour les deux groupes ainsi que pour する et くる (suru et kuru).

Il y a ensuite des exemples de phrases pour démontrer l'usage. Chaque phrase est écrite en Japonais (kanji, hiragana et katakana), en Romanji et traduite en anglais.

Le livre est bien pour un autodidacte car il commence avec les formes les plus basiques et introduit d'autres formes en allant en général des plus simples et/ou plus utiles vers les plus complexes et/ou plus obscures. De plus les formes sont regroupées de façon intuitive. Par exemple, les formes pour demander sont ensemble, celles pour suggérer sont ensemble, etc…

Par contre, ce n'est pas un livre pour les non initiés. Il faut avoir une base minimum du Japonais en général et des verbes en particulier pour le suivre.

Aussi, le livre est en anglais. Il faut donc être à l'aise en anglais pour l'utiliser. Dans mon cas, ce n'était pas un problème du tout mais ça vaut la peine de le mentionner.

Il n'y a que deux choses que j'ai trouvées dommage. De un, il n'y a pas d'exemple seulement en hiragana alors que peu de gens tentant de comprendre comment conjuguer un verbe japonais savent lire les kanji. Je me trouvais souvent à lire le romanji seulement et je trouvais ça dommage. Ça m'a incité à essayer de lire les kanji mais je crois quand même que le livre aurait bénéficié de versions hiragana des exemples.

De deux, j'ai trouvé la dernière section qui introduit des expressions plutôt sèche. Les expressions, sont listées et expliquée une à une mais il n'y a pas vraiment de fil directeur. C'est surtout une masse d'information non reliée et j'ai trouvé que ça s'étudiait un peu mal. Honnêtement, j'ai décidé de laisser tomber cette section avant d'arriver à la fin. J'ai l'intention d'y revenir quand j'aurai un peu plus d'expérience.

Dans l'ensemble, ce livre est très intéressant et utile. Je le recommande à quiconque cherche à mieux maîtriser les verbes japonais et il peut servir de référence par la suite. J'ai d'ailleurs l'intention de le relire moi-même d'ici quelques temps quand je serai un peu plus avancé. Je suis certain que j'en apprendrai autant qu'à la première lecture.

"All about particles" parle évidemment des particules. C'est aussi un très bon livre mais je l'ai un peu moins aimé. Je crois que c'est surtout dû au sujet traiter par contre.

Il contient deux grandes sections: les particules globales et les particules servant à terminer les phrases. Chaque particule est prise à son tour et on explique chacun de ses usages (parfois plus de dix) et on donne des exemples.

Je l'ai troué un peu plus difficile à étudier car ça fait beaucoup de très courts sujets. Par exemple, la dizaine d'usages de が (ga) peuvent être très peu reliés mais ils sont tous expliqués l'un derrière l'autre à coup d'une demie page chacun. C'est un peu lourd mais j'avoue que je ne sais pas trop quelle aurait pu être l'alternative.

Les commentaires généraux sur la forme (en anglais pas d'exemples en hiragana, etc.) sont sensiblement les mêmes. Par contre, une chose qui est bien est que l'auteur a indiqué les formes qui sont plus obscures ou qui servent rarement. Il est donc possible d'ignorer celles-ci au début pour se concentrer sur ce qui servira le plus.

En le finissant, j'avais l'impression d'avoir appris moins qu'avec l'autre. Par contre, je crois qu'il sera un très bon livre de référence surtout pour essayer de comprendre le Japonais.

Naoko Chino ne semble pas avoir écrit beaucoup de livres sur le Japonais mais si j'en vois d'autres, j'ai l'intention de les acheter aussi.

2008-11-18

Deux façons de donner

En japonais, il y a, de base, deux verbes pour "donner". あげる (ageru) est pour quand le don est fait à quelqu'un d'autre que celui qui parle. くれる (kureru) au contraire est pour quand le don est à la personne qui parle (ou quelqu'un qui est "dans le même groupe").

Ça fait longtemps que je le sais. J'ai appris la règle et je l'applique. Par contre, je ne savais pas pourquoi il y avait cette différence jusqu'à ce que mon prof nous le précise. あげる veut en quelque sorte dire "faire monter" alors que くれる veut dire faire descendre.

Le japonais est une langue où la politesse et l'humilité sont très importantes. Il parait que ça vient du fait qu'à l'époque des samouraïs, ceux-ci pouvaient vous couper la tête s'ils n'aimaient pas votre réponse. Les gens étaient donc très polis.

On tente donc de toujours se placer plus bas que son interlocuteur. Quand on donne quelque chose, on le fait donc monter. À l'opposé, quand quelqu'un nous donne quelque chose, il le fait descendre.

J'aime bien comprendre la raison des éléments particuliers comme ça. Ça donne une compréhension plus complète que de juste appliquer la règle sans se poser la question.

2008-11-12

La lecture avance…

Bon, je trouve enfin un peu de temps pour écrire. J'avoue que j'ai un peu négligé mon blog dans les dernières semaines mais, bon. Ça arrive à tout le monde d'être un peu dans le jus…

J'ai vu plein de choses intéressantes dans mon cours dernièrement mais je ne vais pas en parler en détail pour l'instant. Je vais juste parler du fait qu'il y a quelques semaines, nous avons commencé à voir un peu plus de verbes.

La plupart étaient des verbes relativement basiques que je connaissais déjà (voir, entendre, manger, boire, attendre, mourir, etc.) Par contre, j'en ai appris deux: よぶ (yobu, appeler) et はいる (hairu, entrer).

Deux jours après les avoir vu, j'ai eu une agréable surprise. J'ai déjà mentionné que je lis un manga que j'ai en japonais et en français. Eh, bien alors que j'y lisais, je suis tombé sur ces deux verbes (sous une autre forme) dans la même page! Ça m'a fait réaliser concrètement que j'avance.

Au-delà des mots spécifiques que j'ai appris dans le cours, je réalise récemment que ma compréhension de mon manga est bien plus grande que quand j'ai commencé. C'est dû à toutes sortes de petits trucs. Évidemment, il y a le vocabulaire mais aussi ma compréhension des particules et des structures de phrases en général s'améliore.

Cette semaine, il m'est arrivé de lire 4-5 bulles en ligne et de les comprendre sans avoir à regarder dans mon dictionnaire. Quand je pense qu'au début, même avec le dictionnaire, j'avais de la misère à comprendre la moitié de ce que je lisais…

2008-10-28

Écrire une intonation

Ces semaines-ci, mes messages ne sont pas aussi fréquents que je le voudrais. J'ai plein de choses à dire mais je ne trouve pas le temps de l'écrire. Voici quand même un petit truc que je suis content de commencer à comprendre.

Le titre de ce message fait référence à deux choses. De un, au fait qu'il y a des choses qu'on ne représente en français que par une intonation mais qui sont représentées grammaticalement en japonais. De deux, au fait que pour bien expliquer ça, il va falloir que je trouve moyen de représenter par écrit nos intonations. Pour ce faire, je vais utiliser les caractères gras qui représenteront la partie de la phrase sur la quelle on met l'emphase en la prononçant. J'espère que ce sera clair.

Tout ça tourne encore une fois autours du は (wa), cette particule commune à laquelle il est si difficile de trouver un équivalent français. J'ai très souvent lu qu'elle pouvait être utilisée pour mettre de l'emphase ou pour sous-entendre une alternative mais je ne comprenais pas trop avant mon dernier cours.

Je vais utiliser l'exemple du cours. Voici les mots principaux impliqués:
ごじ に (goji ni) = à cinq heure
えいが に (eiga ni) = au film
いきません (ikimasen) = ne pas aller ("Je ne vais pas" dans ce cas-ci)

Donc ごじ に えいが に いきません (goji ni eiga ni ikimasen) veut dire: "Je ne vais pas au film à cinq heure."

Ajoutons maintenant le wa. ごじ に えいが に は いきません (goji ni eiga ni wa ikimasen) veut dire: "Je ne vais pas au film à cinq heure." Notez l'emphase représentée en gras. On dit donc que ce n'est pas au film qu'on va mais on sous-entend qu'on va ailleurs.

Par contre dans ごじ に は えいが に いきません (goji ni wa eiga ni ikimasen) veut dire: "Je ne vais pas au film à cinq heure.", on semble plus dire que ce n'est pas à cinq heure qu'on va au film mais on sous-entend qu'on y va à un autre moment.

Je trouve que c'est particulièrement intéressant. Ça m'aide à comprendre cette fameuse différence entre le sujet marqué par ga et le thème marqué par wa. Mais surtout, je trouve très intéressant de voir que des choses qui peuvent être très peu claire par écrit en français peuvent être si simples à représenter en japonais.

Une des raisons qui me fait m'intéresser aux langues est que j'ai, il y a longtemps, réalisé que parfois la façon la plus claire d'exprimer ce que je veux dire est en anglais, pas en français. Je crois que si on est capable de formuler des idées plus clairement, on peut aussi les penser plus clairement. Je me suis dit que plus on connaissait de langues, plus on devait avoir d'options, surtout avec des langues très différentes. Je vois que je ne semble pas me tromper.

Ce message est de loin celui dont je suis le moins certain de la clarté. J'aimerais donc avoir vos commentaires pour être certain que je suis sur la bonne voie et que je reste compréhensible.

2008-10-15

De l'anglais en Kanji

Avant de commencer, si vous n'êtes pas familiers avec les différents concepts d'écriture japonaise, je vous conseille de lire ce post-ci avant de continuer.

Comme j'en ai déjà parlé, je profite de mon temps de voyagement en métro pour lire un manga en japonais à l'aide d'un dictionnaire.

Quand il y a des kanji, je me fie normalement aux furigana qui sont en hiragana. Cela me permet de trouver le mot dans le dictionnaire. Quand j'y troue plusieurs homophones, j'utilise les kanji pour déterminer lequel est le bon. Il arrive aussi que je réussisse à déduire la signification d'un mot qui n'est pas dans le dictionnaire en le comparant aux mots semblables qui utilisent les mêmes kanji.

À force de lire, je commence à reconnaître quelques kanji. Ce sont en général ceux que je vois souvent et qui sont simples.

Il y a un cas qui m'a frappé. Ça concerne le kanji 力 qui veut plus ou moins dire "puissance" ou "pouvoir". Oui, je sais, il ressemble à "ka", que ce soit en hiragana (か) ou en katakana (カ). C'est d'ailleurs probablement pour ça que je l'ai retenu.

Toujours est-il que je l'ai vu deux fois dans la même page et que les furigana qui y étaient associés n'étaient pas les mêmes. En tant que tel, ce n'est pas surprenant puisqu'un même kanji peut se lire de plusieurs façons mais dans un des deux cas, c'était en fait un mot anglais.

Les furigana pour la première occurrence étaient ちから (chikara, pouvoir en japonais). À la deuxième occurrence, c'était バワー (pawa-, le mot "power" écrit en katakana).

Je ne croyais pas que les kanji pouvaient être utilisés pour les mots étrangers avant de voir ça. Remarquez que les mangas ne sont probablement pas la meilleure source pour un japonais correct alors je ne sais pas si ça se fait couramment dans la langue.

C'est quand même particulier pour quelqu'un qui a l'habitude d'une vision plus occidentale de l'écriture de penser qu'à la base, on peut lire la phrase sans savoir dans quelle langue un des mots est mais comprendre quand même la signification.

Oups!

J'ai réalisé que j'ai fait une erreur au début de ce blog. Dans le post Jap for dummies, je parlais des types d'écritures japonaises et j'ai écrit "furikana" au lieu de "furigana". Je voulais juste le préciser pour n'induire personne en erreur. J'ai aussi fait la correction dans le post en question.

2008-10-09

Une partie de la réponse…

Comme en réponse à mes interrogations, une bonne partie du cours de la semaine passé portait justement sur les phrases avec が (ga) et は (wa).

Je ne dirais pas que je comprends toutes les subtilités mais avec les verbes いる (iru) et ある (aru) qui sont plus ou moins les équivalents du verbe être, (un pour ce qui est animé, l'autre pour ce qui ne l'est pas) je comprends la différence.

Partons donc des mots ほん (hon, livre) et つくえ (tsukue, table) et parlons d'un livre sur une table:

つくえ に ほん が あります
Tsukue ni hon ga arimasu.
Il y a un livre sur la table.

ほん は つくえ に あります
Hon wa tsukue ni arimasu.
Le livre est sur la table.

Dans le premier cas, on introduit le livre à la conversation. Dans le deuxième cas, notre interlocuteur est déjà conscient de l'existence de ce livre et on précise où il se trouve.

C'est le premier gros truc que j'apprends dans mon cours et je vois que j'ai bien fait de le suivre.